Vos sourcils s'affinent, certaines zones deviennent clairsemées, ou vous remarquez de petits trous qui n'étaient pas là il y a quelques mois ? Vous n'êtes pas seul·e : la perte de sourcils touche autant de femmes que d'hommes, à tout âge, et ses causes sont nombreuses, hormonales, auto-immunes, médicamenteuses, ou simplement liées à une mauvaise habitude d'épilation. La bonne nouvelle, c'est que dans la majorité des cas, l'alopécie des sourcils est réversible, à condition d'en identifier la cause et d'adopter la bonne stratégie. Chez Racine², nos médecins reçoivent au quotidien des patient·e·s confronté·e·s à cette problématique. Voici tout ce qu'il faut savoir pour bien comprendre, et bien réagir.
Qu’est-ce que l’alopécie des sourcils ?
L’alopécie désigne une chute anormale des poils ou des cheveux. Au niveau du sourcil, elle se traduit par une raréfaction progressive des follicules pileux sur tout ou partie de l’arcade sourcilière. Cette chute peut être partielle, ne touchant qu’une zone précise (la queue du sourcil par exemple), ou totale, avec la disparition complète d’une arcade ou des deux.
Comment reconnaître une perte de sourcils ?
Plusieurs signes doivent vous alerter. La perte de sourcils se manifeste généralement par un affinement progressif de la ligne, l’apparition de zones clairsemées, la formation de petits trous où les poils ne repoussent plus, ou encore un changement notable de densité par rapport à une photo récente.
Il faut distinguer deux types d’évolution. La chute brutale et massive survient en quelques jours ou semaines, et oriente plutôt vers une cause inflammatoire, auto-immune ou médicamenteuse. La chute progressive s’installe sur plusieurs mois, et évoque davantage une cause hormonale, génétique ou liée à des habitudes esthétiques.
Que signifie un trou dans le sourcil ?
Un trou dans le sourcil correspond à une zone localisée où les poils ont disparu, créant une rupture visible dans la ligne sourcilière. Sa signification dépend de plusieurs critères. S’il apparaît brutalement et de façon nette, comme une pièce vide, cela peut évoquer une pelade (alopécie areata), une maladie auto-immune fréquente. S’il s’installe progressivement à la queue du sourcil, c’est souvent le signe d’un trouble thyroïdien (signe de Hertoghe). S’il fait suite à une épilation excessive ou à un microblading mal cicatrisé, il peut s’agir d’une atteinte folliculaire mécanique.
Dans tous les cas, l’apparition d’un trou dans le sourcil mérite un avis médical pour en identifier la cause et adapter la prise en charge.
Bon à savoir : la perte des poils du tiers externe du sourcil (la queue) est suffisamment caractéristique pour avoir un nom médical : le signe de Hertoghe. Il est classiquement associé à l’hypothyroïdie, mais peut aussi accompagner d’autres pathologies.
Pourquoi mes sourcils tombent ? Les causes principales
L’alopécie des sourcils a rarement une cause unique. Il s’agit le plus souvent d’une combinaison de facteurs internes (hormones, immunité, génétique) et externes (épilation, traitements, stress).
Causes hormonales
Les déséquilibres hormonaux figurent parmi les causes les plus fréquentes. L’hypothyroïdie (insuffisance de la thyroïde) entraîne classiquement un éclaircissement des sourcils, en particulier sur leur partie externe. L’hyperthyroïdie peut également provoquer une chute, plus diffuse. La grossesse et la ménopause modifient profondément l’équilibre hormonal et peuvent induire une perte temporaire ou plus durable. Chez certaines femmes, la prise ou l’arrêt d’une contraception hormonale déclenche aussi des épisodes de chute.
Maladies auto-immunes
Les maladies auto-immunes sont une cause médicale importante de perte de sourcils. La plus connue est la pelade (ou alopécie areata), qui se manifeste par l’apparition soudaine de plaques rondes et nettes, parfois sur les sourcils seuls, parfois associées à une chute des cheveux ou des cils. La dermatite atopique ou les eczémas chroniques de la zone sourcilière peuvent provoquer une chute par grattage répété et inflammation. Plus rarement, des maladies systémiques comme le lupus, la sclérodermie ou certaines vitiligos atteignent les follicules pileux du sourcil.
Dans ces cas, le suivi par un dermatologue est essentiel pour confirmer le diagnostic et adapter le traitement.
Carences nutritionnelles
Une carence en fer, en zinc, en vitamine D, en vitamine B12 ou en biotine peut fragiliser le follicule pileux et provoquer une chute. Les régimes restrictifs, les troubles de l’absorption (maladie cœliaque, post-chirurgie bariatrique), ou les anémies chroniques sont des contextes fréquents. Un bilan biologique permet de poser le diagnostic et de corriger la carence par supplémentation.
Médicaments et traitements
Plusieurs traitements peuvent induire une perte de sourcils. La chimiothérapie et la radiothérapie sont les plus connues, avec une chute généralement temporaire et réversible quelques mois après l’arrêt. Mais d’autres médicaments sont également en cause : certains antidépresseurs, anticoagulants, rétinoïdes (utilisés contre l’acné), bêta-bloquants, ou traitements contre le cholestérol. Si vous suspectez un médicament, parlez-en à votre médecin avant tout arrêt.
Causes mécaniques et esthétiques
Les habitudes esthétiques jouent un rôle souvent sous-estimé. L’épilation répétée et trop large finit par endommager le follicule, qui peut devenir incapable de produire un poil. C’est l’une des causes les plus fréquentes de zones définitivement clairsemées chez les femmes ayant suivi des modes d’épilation très fines dans les années 1990-2000. Le microblading mal réalisé ou trop fréquent peut également léser les follicules. Enfin, la trichotillomanie, un trouble compulsif d’arrachage des poils, concerne aussi parfois les sourcils.
Causes génétiques et liées à l’âge
Avec l’âge, le métabolisme du follicule ralentit, le cycle pileux s’allonge, et les sourcils peuvent naturellement s’éclaircir. Une prédisposition familiale existe également : certaines personnes héritent d’une densité sourcilière plus faible ou d’une tendance à la chute précoce.
Perte de sourcils chez la femme : spécificités
Si la perte de sourcils touche autant les hommes que les femmes, les femmes sont plus fréquemment concernées par certaines causes spécifiques qu’il est utile de connaître.
L’impact des hormones féminines
Le cycle de vie hormonal d’une femme, puberté, contraception, grossesse, post-partum, périménopause, ménopause, multiplie les périodes de vulnérabilité folliculaire. Les 6 mois suivant l’accouchement sont par exemple un moment classique de chute diffuse, qui touche à la fois cheveux, cils et sourcils. La ménopause, en raison de la chute des œstrogènes, fragilise également la pousse.
Les conséquences des habitudes esthétiques
Beaucoup de femmes aujourd’hui adultes ont épilé très finement leurs sourcils pendant des années, suivant les modes des décennies passées. Cette épilation prolongée peut entraîner une incapacité durable des follicules à reproduire le poil, donnant l’illusion d’une alopécie alors qu’il s’agit d’un dommage mécanique.
Les techniques de maquillage semi-permanent (microblading, dermopigmentation) mal pratiquées ou trop fréquemment renouvelées peuvent aggraver la situation en agressant la peau et les follicules sous-jacents.
Quand consulter ?
Une consultation est recommandée si la chute persiste plus de 3 mois, si elle s’accompagne d’autres symptômes (fatigue inhabituelle, changement de poids, troubles du cycle), ou si elle apparaît brutalement avec des plaques nettes. Un médecin pourra prescrire un bilan hormonal et orienter vers le bon diagnostic.
omment faire repousser ses sourcils ? Les solutions
Plusieurs options existent, à adapter selon la cause et la sévérité de la perte.
Traiter d’abord la cause sous-jacente
C’est la première étape, trop souvent négligée. Si la perte est liée à un dérèglement thyroïdien, à une carence ou à un médicament, aucun traitement local ne sera durablement efficace sans corriger la cause. Un bilan médical est donc le point de départ incontournable.
Les méthodes naturelles et soins quotidiens
Plusieurs gestes simples peuvent favoriser la pousse. Une alimentation équilibrée, riche en protéines, en fer, en zinc et en vitamines du groupe B, soutient la santé folliculaire. Les massages doux de l’arcade sourcilière, avec une huile végétale comme l’huile de ricin ou de romarin, peuvent stimuler la microcirculation locale. Il est également recommandé de réduire fortement l’épilation pendant la phase de repousse pour ne pas perturber le cycle.
Ces méthodes naturelles ont une efficacité modeste mais réelle dans les cas de chute légère. Elles ne suffisent pas pour les pertes plus marquées.
Les traitements médicamenteux
Le Minoxidil pour les sourcils est le traitement médical le plus utilisé pour stimuler la repousse. À une concentration de 2%, appliqué deux fois par jour avec un coton-tige, il permet d’obtenir une densification visible en 3 à 6 mois dans la majorité des cas d’alopécie débutante ou modérée. C’est une option à envisager après diagnostic médical.
Les soins de médecine esthétique avancée
Chez Racine², nous proposons plusieurs techniques de stimulation folliculaire issues de la médecine capillaire, désormais adaptées à la zone des sourcils. La mésothérapie capillaire consiste à injecter localement un cocktail de vitamines, oligo-éléments et acides aminés pour nourrir le follicule. Les facteurs de croissance PRP utilisent les composants régénérants du sang du patient pour relancer la pousse. Les exosomes, plus récents, sont des messagers cellulaires qui favorisent la régénération du follicule.
Ces techniques se pratiquent en cure, généralement de 3 à 6 séances espacées de quelques semaines.
Les solutions esthétiques temporaires
Pour combler visuellement une perte de sourcils en attendant ou en complément d’un traitement, plusieurs techniques esthétiques existent. Le microblading reproduit l’effet du poil par tatouage superficiel. La dermopigmentation propose un résultat plus marqué et durable (1 à 3 ans). Le maquillage quotidien avec crayon, poudre ou gel reste une solution simple et réversible.
La greffe de sourcils : la solution définitive
Lorsque les follicules sont détruits, lorsque la perte est sévère, ou lorsque les traitements médicaux ont échoué après plusieurs mois, la greffe de sourcils par technique FUE est la solution la plus adaptée pour un résultat naturel et permanent.
Selon les besoins et les attentes, Racine² propose deux prises en charge spécifiques : la greffe de sourcils pour femme, pensée pour redessiner un regard doux et harmonieux, et la greffe de sourcils pour homme, conçue pour restaurer une arcade naturelle et dense.
Quand consulter un médecin pour une perte de sourcils ?
Il est recommandé de consulter dans les situations suivantes : si la chute s’installe depuis plus de 3 mois, si elle apparaît brutalement avec des plaques nettes, si elle s’accompagne de chute de cheveux ou de cils, si vous présentez d’autres symptômes généraux (fatigue, changement de poids, troubles du cycle), ou si elle a un impact psychologique important sur votre quotidien.
Le médecin pourra prescrire un bilan biologique (NFS, ferritinémie, TSH, vitamines), examiner la zone à la lumière de Wood ou en dermatoscopie, et orienter vers la cause exacte. Sans diagnostic, aucun traitement ne peut être réellement efficace.
Vous souhaitez en savoir davantage ? Prenez-rendez-vous dans notre centre capillaire : nos experts sont là pour vous répondre !